Le tarot comme espace de réflexion
Comment utiliser une carte pour observer une situation, formuler des questions et noter vos pensées sans transformer un tirage en prédiction.
Une image peut vous aider à trouver les mots pour exprimer une préoccupation. Cela ne signifie pas qu’elle en sait plus que vous sur votre vie. Ce guide distingue l’usage du tarot des certitudes qu’il ne peut offrir et propose un exercice d’écriture simple.
Ces textes sont en révision éditoriale. Leurs références et leur contenu seront vérifiés avant leur publication en tant que guides approuvés.
Équipe éditoriale de Chamanismo y Holística · 7 octobre 2026

Qu’est-ce que le tarot et d’où vient-il
Un jeu de tarot comprend 78 cartes : 22 arcanes majeurs, avec des figures comme Le Magicien ou La Maison Dieu, et 56 arcanes mineurs, répartis en quatre couleurs (dans la tradition espagnole de ce site : Bâtons, Coupes, Épées et Deniers), avec des cartes numérotées de l’As au Dix et quatre figures de cour : Valet, Cavalier, Reine et Roi.
Son origine documentée est ludique. Les premiers jeux de cartes avec des triomphes sont apparus dans le nord de l’Italie au XVe siècle, comme jeu de cartes. L’interprétation divinatoire et ésotérique est apparue plus tard, à partir du XVIIIe siècle, sous l’impulsion d’auteurs comme Antoine Court de Gébelin, puis s’est imposée dans le monde anglophone avec des jeux illustrés comme le Rider-Waite-Smith, publié en 1909 avec des dessins de Pamela Colman Smith.
Il est important de le dire clairement : il n’existe pas de tradition millénaire ininterrompue du tarot, et rien ne prouve scientifiquement que les cartes prédisent les événements. Sa valeur, lorsqu’elle existe, se situe ailleurs.
Trois façons de comprendre les cartes
Certaines personnes les considèrent comme une tradition qui mérite d’être étudiée pour elle-même, avec ses écoles et ses interprétations. D’autres s’en servent comme point de départ pour réfléchir : une image tirée au hasard qui vous fait voir une question autrement. D’autres encore les associent à leur spiritualité personnelle.
Chez Chamanismo y Holística, nous nous situons dans la deuxième et la troisième position, et nous le disons en toute transparence : le tarot est un langage d’images qui invite à se poser des questions. Ce n’est pas une méthode de prédiction ni un substitut à un avis médical, juridique, financier ou psychologique.
Avant de commencer : espace et question
Choisissez un moment sans vous presser et une surface dégagée. Pas besoin d’un rituel élaboré : désactiver les notifications et respirer quelques instants suffit pour marquer un changement d’attention.
La question est l’élément le plus important. Les questions ouvertes fonctionnent mieux que celles auxquelles on répond par oui ou non. Comparez ces deux questions : « Est-ce que j’obtiendrai la promotion ? » et « Que dois-je observer pour décider si ce changement de travail me convient ? ». La première exige une réponse que la carte ne peut pas donner ; la seconde vous place au cœur de la décision.
- Évitez les questions sur ce qu’une autre personne pense ou fera : vous ne pouvez pas le savoir, et le tarot non plus.
- Évitez les questions sur la santé, la grossesse ou les décès : ce ne sont pas des sujets adaptés au tarot.
- Privilégiez les questions qui commencent par « quoi », « comment » ou « dans quel but » et qui parlent de vous.
Une pratique avec une seule carte
Mélangez les cartes calmement et tirez-en une. Avant d’en chercher la signification, observez-la pendant une minute : quel détail de l’image attire d’abord votre regard ? Quelle émotion apparaît ? Quelle partie de votre question cela touche-t-il ?
Consultez ensuite la signification traditionnelle, comme une seconde voix qui s’ajoute à la vôtre, et non comme la bonne réponse. Notez dans votre journal ce qui rejoint votre ressenti et ce qui vous surprend.
Terminez par une action simple et réaliste pour les trois prochains jours. Une carte ne vaut pas par ce qu’elle annoncerait, mais par la conversation qu’elle ouvre avec vous.
Un tirage de trois cartes
Le tirage à trois cartes est le plus utilisé pour commencer, car il aide à structurer la réflexion. Une façon simple d’attribuer une position à chaque carte est la suivante : ce qui est présent, ce qui demande votre attention et une étape possible.
Lisez chaque carte séparément avant de les lire ensemble. Demandez-vous quelle histoire cohérente elles racontent, quelle part de cette histoire dépend de vous et quelle part n’en dépend pas. Si une carte vous met mal à l’aise, ne l’écartez pas : demandez-vous ce qui, en vous, résiste.
Cartes renversées : une option, pas une obligation
Certaines personnes interprètent les cartes inversées comme une version nuancée ou tendue de leur signification à l’endroit ; d’autres ne tiennent pas du tout compte de leur orientation. Les deux approches sont légitimes. L’important est de choisir une règle avant de commencer et de s’y tenir, afin que la méthode reste cohérente.
Pour lire une carte renversée, vous pouvez vous demander : à quel endroit ce sujet est-il bloqué, exagéré ou évité ?
Exemple illustratif
Imaginez, à titre d’exemple fictif pour illustrer la méthode, une personne qui demande : « Que dois-je observer avant de décider si je change de travail ? » Elle tire trois cartes : L’Hermite (présent), Cinq de deniers (point d’attention) et As de bâtons (étape possible).
En lisant la première carte, elle remarque qu’elle réfléchit seule à la situation depuis un certain temps. La deuxième lui rappelle que ses inquiétudes concernant ses ressources sont bien réelles et l’invite à calculer de quelle marge elle dispose. La troisième évoque un élan d’initiative : peut-être que la prochaine étape ne consiste pas à démissionner, mais à explorer une possibilité concrète pendant une semaine. L’action à entreprendre est simple : dresser la liste de ses dépenses des trois derniers mois et discuter avec une personne qui a fait un changement similaire.
Gardez à l’esprit que rien de tout cela ne prédit de résultats : cela organise le dialogue intérieur et se termine par de petites actions qui dépendent de la personne.
Erreurs fréquentes
Répéter la même question jusqu’à obtenir la carte que vous espériez ; utiliser le tarot pour éviter une décision ; lire les cartes comme des verdicts ; les consulter dans les moments de grande détresse comme si elles faisaient autorité. Si vous remarquez l’un de ces comportements, faire une pause ou en parler à une personne de confiance aide souvent davantage qu’un nouveau tirage.
Limites
Si une question porte sur la santé, une crise émotionnelle, la violence ou une décision à haut risque, mieux vaut vous faire accompagner par une personne qualifiée. Le tarot peut nourrir votre réflexion, mais ne résout pas ces situations.
Comparez ce que vous avez écrit à votre expérience et aux informations dont vous avez besoin. Une interprétation peut ouvrir une question ; elle n’a pas à trancher votre décision.
Lectures pour prendre du recul
- Michael Dummett, «The Game of Tarot» (1980).
- Michael Dummett, Ronald Decker y Thierry Depaulis, «A Wicked Pack of Cards» (1996).
- Antoine Court de Gébelin, « Le Monde primitif » (1781), tome 8.